Conrad Black








Originaire de Montréal, Conrad Black est né le 25 août 1944 dans une famille de la bourgeoisie anglophone de l'époque. Son père, George Black, était cadre dans une brasserie de Montréal, mais également un riche investisseur étroitement lié à l'élite financière torontoise.




Jeune, riche et ambitieux


Dès son jeune âge, Conrad Black démontre certaines aptitudes pour les affaires en vendant des copies d'examen à ses camarades de classe. Son stratagème découvert, le jeune Black est renvoyé de son école. Il poursuivra néanmoins ses études et sera plus tard diplômé en histoire de l'Université Carleton. Il décrochera également un diplôme de droit à l'Université Laval ainsi qu'une maîtrise à l'Université McGill.



La naissance d'un empire


Très tôt dans sa carrière, Conrad Black s'intéresse à l'univers des médias. Dans la vingtaine, le jeune Black, déjà millionnaire, fait l'acquisition de petits journaux canadiens qu'il restructure et rentabilise, s'attirant souvent les foudres des journalistes par ses méthodes expéditives, mais payantes.

En 1971, il fonde avec d'autres investisseurs le groupe Sterling Newspapers. Homme d'affaires prospère et audacieux, il se taille une place de choix sur la scène nationale canadienne. Mais les talents de Conrad Black ne se limitent pas aux affaires; féru de littérature, il signe plusieurs ouvrages, dont une biographie remarquée de l'ancien premier ministre québécois Maurice Duplessis, parue en 1976.



La troisième plus importante entreprise de presse au monde


Deux ans plus tard, en 1978, Conrad Black réalise un rêve de jeunesse en accédant à la présidence de la puissante Argus Corporation, position dont il se sert pour fonder le groupe Hollinger, futur fer de lance d'un empire médiatique qui atteindra son apogée dans les années 90. Au cours de cette période, Conrad Black et Hollinger contrôlent 60 % des journaux canadiens ainsi que des centaines de quotidiens américains, britanniques, australiens et israéliens. En 1999, Conrad Black est à la tête de la troisième plus puissante entreprise de presse du monde.

Marié à la journaliste Barbara Amiel, du London's Daily Telegraph, ils forment un couple particulièrement en vue parmi l'élite conservatrice britannique, où les Black jouissent d'une notoriété appréciable.



De Conrad Black à Lord Black of Crossharbour


L'année 1999 est une année faste pour Conrad Black, qui voit son empire médiatique au sommet de sa puissance. À Londres, le gouvernement britannique s'apprête à lui conférer le titre de Lord Black of Crossharbour.

Mais le gouvernement libéral de Jean Chrétien s'oppose farouchement à cette nomination. Il invoque une résolution datant de 1919 interdisant à un citoyen canadien d'obtenir des titres ou privilèges d'un gouvernement étranger. Conrad Black contestera cette résolution devant les tribunaux, mais en vain. Il renoncera finalement à sa citoyenneté canadienne en 2001 afin d'accéder au titre de lord, qui lui sera décerné la même année par le gouvernement britannique.

Dans les mois qui suivent, le magnat de la presse liquidera plusieurs de ses holdings canadiens au profit du groupe Can West de Izzy Asper. La transaction fait beaucoup de bruit dans les milieux médiatiques et financiers. Peu après, Conrad Black se départ aussi du National Post, journal dont il était le fondateur. Aujourd'hui, bien que l'empire Black soit en grande partie démantelé, Lord Black demeure propriétaire de plus de 200 publications à travers le monde.

À l'automne 2003, accusé de malversations financières par des actionnaires et investisseurs du groupe Hollinger International, il démissionne du poste de chef de la direction de Hollinger. Privé de ses fonctions exécutives, il demeure toutefois président du conseil d'administration de l'entreprise.





Stéphane Bordeleau, Radio-Canada, 2003


Source : Radio-Canada, www.radio-canada.ca





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